Like A Virgin

Aah, les années 80… Costumes douteux, synthés craignos, et Madonna. « Like A Virgin », c’est son premier gros tube, une chanson qu’elle n’a d’ailleurs pas écrite, et qui parle de bites ou d’amour, selon les interprétations. Une chanson qui capture bien cette anomalie temporelle musicale que sont les années 80, et que je ne pouvais pas ignorer ici.

Comme tous les hits, nous trouvons bien sûr pléthore de reprises. Si vous avez les oreilles résistantes, vous pouvez attaquer par cette version des Lords of the New Church (dont Wikipédia nous apprend qu’elle a été jugée « curieuse et exécrable » par le site Allmusic.com). Et c’est vrai que c’est douloureux.

Dans un genre plus léger, mais aussi plus « simpliste », une parodie de Weird Al Yankovic, « Like A Surgeon » ; ce sont aussi les années 80, mais vues par un autre prisme, celui des coiffures douteuses et des grosses lunettes.

Je vous épargne les quelques versions dance, vos oreilles ont assez souffert. Vous pouvez les reposer avec la version bossa-nova du Cooltrane Quartet :

Je ne résiste pas non plus à la tentation de vous infliger régaler avec « Humppaneitsyt », par Eläkeläiset, groupe finlandais se spécialisant dans le Humppa, une sorte de polka…

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Il y aussi la version jazzy de Richard Cheese, toujours au top de sa forme :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Et puis il y a cette version de Big Daddy, autrement plus intéressante et celle qui m’a poussé à écrire cette note à la base. Pourquoi ? Parce que si les paroles sont bien celles de « Like A Virgin », la mélodie, elle, est celle de « Venus » par Frankie Avalon :

Et là, on touche au génie, au chef d’oeuvre de la reprise. À noter qu’Avalon fit une version disco de son tube dans les années 70, dans l’espoir de retrouver un peu de gloire passée, mais j’en ferais grâce à vos oreilles.

Pas vraiment de reprise intéressante de « Venus », à part un truc encore plus sirupeux que l’original par Sam Cooker :

En revanche, la chanson a été samplée de manière intéressante par Melanie Fiona avec « You Stop My Heart » :

M’enfin bon, Big Daddy reste une de mes reprises favorites… Allez, la prochaine fois, on parlera d’une autre Venus.

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Happiness Is A Warm Gun

Restons sur « l’album blanc », avec peut-être la chanson de l’album, celle qui est la préférée de McCartney paraît-il, celle que Lennon décrivait comme « une histoire du rock’n’roll », bref, clairement un chef-d’oeuvre : « Happiness Is A Warm Gun ».

Dès lors que la chanson d’origine est un monument, insurpassable, comment fait-on pour la réinterpréter ? Etudions plusieurs approches. Tout d’abord, on peut faire une reprise toute pourrie, comme U2, comme ça on ne prend pas trop de risques :

On peut faire une reprise beaucoup moins pourrie, que certains (je ne cite pas de nom) considèrent même comme la seule reprise réussie des Beatles :

Il faut bien reconnaître que ça a la classe. Et ça prouve définitivement que l’on peut s’approprier une chanson et faire comme si c’était la sienne, parfois presque comme si de rien n’était.

Voilà pour les reprises. Bien entendu, il y a une autre voie, que l’on a déjà explorée dans les notes précédentes : celle du mash-up. Ici, pas de surprise, on retrouve nos usual suspects : le Wu-Tang d’une part, brillamment mêlé par Tom Caruana à diverses reprises de « Happiness Is A Warm Gun » (c’en est presque un deux-en-un, du coup)…

… Et Jay-Z d’autre part, courtesy of Danger Mouse. Deux versions, deux sans faute.

J’en ajoute un troisième pour la route, celui de DJ BC, qui fait se rencontrer les Beatles et les Beastie Boys ; ici, l’original se trouve un peu plus découpé de manière frénétique, à tel point que l’on a parfois du mal à le reconnaître, mais ça reste du grand art.

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While My Guitar Gently Weeps

Le Wu-Tang, donc. Il se trouve que sur leur dernier album, 8 Diagrams, figure cette chanson :

Voilà pour le reliant avec la note précédente. Le Wu-Tang n’avait donc pas besoin d’intermédiaire pour coller son oeuvre à celle des Beatles ; pas besoin de quelqu’un d’autre non plus pour montrer que n’importe quel morceau des Beatles ou presque peut servir de base à un morceau de hip-hop.

La preuve par deux avec cet autre mash-up toujours tiré de Enter The Magical Mystery Chambers, ou traîne aussi (entre autres) un sample de « While My Guitar Gently Weeps » :

En passant, je vous colle quand même l’original, ce serait dommage de l’oublier. Je ne me sens pas de taille à y ajouter de commentaires ; je pense de toute façon que ça s’en passe largement.

Comme pour « Sexy Sadie », je vous colle également la démo acoustique, qui montre que les énervements électriques de l’original sont finalement accessoires ; même sous forme de balade, la chanson conserve sa force mélancolique.

Des reprises ? Bien sûr, à la pelle. Je ne peux pas écrire cette note sans évoquer la version de Micah P. Hinson, toujours sur l’album All Dressed Up And Smelling Of Strangers ; un truc poisseux, qui sort d’un marais oublié, mais aussi quelque chose de planant. Bref, un oiseau mazouté, à écouter de nuit.

Pour le plaisir, on peut aussi écouter la version des Punkles en sautant dans tous les sens… C’est moins subtil, mais non moins jouissif.

On se calme avec la version du dieu du Ukulele, Jake Shimabukuro :

Et puis il y a le fameux mash-up Jay-Z/Beatles, produit par Danger Mouse, sur lequel on trouve une reprise de « What More Can I Say? » avec « While My Guitar Gently Weeps » pour l’instrumental. C’est magique, et on se dit que le Wu-Tang est largement dépassé ; on se demande aussi pourquoi les Beatles ne se sont pas mis un peu au hip-hop, ça leur aurait réussi en diable.

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Karma Police

Tiens, et si je commençais cette série sur les Beatles par un détour via Radiohead ? L’idée n’est pas si absurde, et pour plusieurs raisons.
Mais d’abord, donc, Radiohead. Pour ceux qui vivraient sur une grotte ou sur Pluton, Radiohead, c’est le groupe qui a fait ça :

Clip simple et efficace, comme la chanson qu’il illustre. Une sorte de ballade à la violence retenue, quelque chose d’un peu sombre et indéfinissable, comme pas mal des chansons d’OK Computer, d’ailleurs. Et puis la chanson bascule, au moment où l’on se perd : la « chose sombre » se révèle tout à fait, et on comprend que depuis le début, tout ça n’a rien de gentillet. C’est un craquement d’allumette, un retournement de situation… Et puis tout dégringole dans une distortion de guitare inhumaine.

« Karma Police » a été, comme tous les tubes, repris de nombreuses fois, par exemple à la sauce dub / reggae :

Ce qui n’est pas si illogique, le reggae étant finalement un de ces styles musicaux qui fait semblant d’être heureux, pour mieux emprunter les chemins sombres.

Il y a aussi une version dépouillée, au piano, par Christopher O’Riley :

Qui fonctionne plutôt bien, la violence du morceau ne se dévoilant que petit à petit, mieux dissimulée, peut-être…

Dans le même genre, une version jazz par Eliza Lumley :

Qui transforme peut-être un peu trop la chanson en « truc sympa à écouter le dimanche matin », mais ça n’est pas forcément un mal.

Enfin, ceux qui aiment les « trucs alternatifs » trouveront leur bonheur avec la reprise de John Vanderslice sur l’album hommage OK X.

Mais revenons-en aux Beatles, car c’est quand même d’eux que je voulais parler à la base. « Karma Police » est une bonne introduction, parce qu’elle se moque (en un sens) des gourous et autres maîtres à penser, la police du Karma, donc ; de la même façon dont « Sexy Sadie » se moquait du Maharishi Mahesh Yogi, le maître à penser d’un temps des Beatles – avant que George Harrison ne demande à Lennon de changer le titre (et les paroles).

Elle ne vous rappelle pas quelque chose, cette ligne de piano ? Radiohead avoue sans peine qu’elle les a inspiré pour « Karma Police », et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça s’entend, même si le reste des deux mélodies s’éloignent complètement l’une de l’autre.

Comme toutes les chansons des Beatles, on trouve environ 50 000 bootlegs différents de « Sexy Sadie » ; par exemple une version acoustique (mais alors, vraiment par exemple).

Des reprises, il y en a également au kilomètre. De manière un peu plus intéressante, penchons-nous rapidement sur cette version :

Un mash-up génial du Wu-Tang Clan et des Beatles, il fallait y penser… Et on y reviendra.

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An Old Acquaintance (5/5)

« An Old Acquaintance » est la dernière chanson de Teaser For: Matter dont je voulais parler, et pas seulement parce qu’elle a connu plusieurs versions, mais aussi parce que c’est pour moi l’une des plus belles chansons que je connaisse. Pour une fois, j’insiste sur l’importance des paroles : pour bien comprendre à quel point ce morceau est terriblement poignant, et parle d’une seconde rencontre, des années plus tard, trop tard, peut-être, alors que tout a changé. Comme toutes les bonnes chansons, cela reste suffisamment vague pour que l’on puisse y coller ses propres souvenirs, et sur cette mélodie simple et triste, se refaire ses propres films. Ca ne m’étonnerait pas, d’ailleurs, que « An Old Acquaintance » tire son nom du film du même titre, ce qui expliquerait ce besoin d’un stand-in…

« An Old Acquaintance » a aussi une valeur particulière pour moi parce que c’est le premier morceau d’Angil que j’ai entendu (avant « In Purdah » qui a achevé de me convaincre). C’était sur le premier volume des compilations A Découvrir Absolument, sous la forme d’un « Stormy Live Version », à l’époque où le groupe s’appelait encore « Angil And The Hidden Arms Band », et où le premier album devait s’appeler No More Guitars. Le vent qui souffle sur cette version légèrement épurée est tout simplement magique, on n’aurait pas pu trouver meilleur accompagnateur… Et le fou-rire d’Angil à la fin du morceau, que j’imagine au milieu de la tempête, est comme l’éclat nécessaire pour qu’on ne se mette pas à pleurer.

« An Old Acquaintance » a été remixé sur Teased, sous le titre « Acquainted With The Sound Of His Voice », par Ads(R). C’est peut-être l’un des remixes que j’apprécie le moins sur l’album, parce que le rajout de sons électroniques est ici un peu superfétatoire, et enlève à l’émotion de la chanson au lieu d’en rajouter. Dommage, car le focus sur la partie mi-murmurée, mi-chantée de la chanson, à la fin du remix, était une bonne idée… Malgré tout, on retrouve dans cette version l’idée de l’orage, encore une fois, de la tempête qui menace au loin.

Enfin, sur Matter, on trouve une version « réinventée » du morceau, intitulé « John Wayne ». On reste dans le cinéma, donc, avec un morceau peut-être un peu plus « chaud » que l’original, surtout grâce aux cuivres, et à ces choeurs discrets parsemant la mélodie. Les paroles, plus scandées que chantées, annoncent le côté « hip-hop » à venir de certaines compositions d’Angil ; on y entend aussi parler de Purdah, de « Lisa or Stina », des choses qui reviendront plus tard sur Oulipo Saliva.

Car Angil ne cesse de se revisiter, que ce soit dans les paroles ou les mélodies ; et il me faudrait encore beaucoup de place pour parler d' »Angil Was A Cat », notamment de « Song For DG » ; de « Sons Of Benedict » ; des « Definitions » ; et j’en passe. Je reviendrais sans doute dessus, mais la prochaine fois, on parlera de reprises, samples, et mash-ups des Beatles.

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Dolaytrim (4/5)

Aujourd’hui je ne vous parle « que » de « Dolaytrim », présente sur Teaser For: Matter, et sa jumelle « Gemini », sur l’EP Matter. Les deux sont couplés de manière absolument admirable dans la vidéo ci-dessous.

Outre que les images résonnent de manière curieusement adéquate avec la musique, c’est très fort d’avoir ainsi les deux morceaux à la suite : d’abord « Dolaytrim » et sa fausse douceur, notamment dans la voix, qui camoufle à peine les coups acharnés de batterie sur la partition ; j’y retrouve tout à fait cette idée d’accident, de crash final à travers le pare-brise, bref, une douceur qui n’a rien de gentille mais plutôt de très amère.

Et puis suit « Gemini », qui ne se cache plus : ici on hurle, on tape, on joue de la grosse guitare, on ne rigole plus. C’est d’autant plus « violent » lorsque la grosse guitare, justement, déboule dans le morceau, rappelant la gamme chromatique de la voix dans « Dolaytrim » : toute la douceur a été effacée, il ne reste que ce jumeau qui veut se battre contre le monde entier, qu’on imaginerait bien dans le casque d’un adolescent en colère.

PS. Emmanuel Gibouleau, réalisateur de la vidéo, m’apprend que « Dolaytrim » a été à la base composé exclusivement pour le film La Glace A Trois Faces, dont sont extraites les images de la première partie du clip. Ceci expliquant cela…
De même, il paraît que le morceau comportait à la base une ligne de guitare, qui a été enlevé pendant le mixage, de manière géniale, ai-je envie de dire. D’où l’idée de « No More Guitars »…

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Soulshop (3/5)

Petit comptine tranquille que ce « Soulshop », où Angil nous berce avec sa petite voix, sa petite guitare et ses petites cloches. Au milieu du morceau, une petite flûte ; vers la fin, de petits sifflements (et quelques cuivres qui ont l’air de s’être perdus pendant l’enregistrement)…

Comme de bien entendu, Angil a repris « Soulshop » sur Matter, en le transformant en « Jim Putnam », chanson hommage au leader des Radar Brothers. Ici le morceau reprend un peu du poil de la bête, mais si peu : il y a toujours des sifflements, cette fois-ci pour ouvrir la chanson plutôt que la fermer ; la même boucle de flûte ; les mêmes petits tintements ici et là. Sans savoir vraiment pourquoi, cette version-là me touche beaucoup plus, me semble, mystérieusement, plus poignante.

Sur Teased, c’est Laudanum qui s’y colle pour ce « Shop Soul ». Comme beaucoup d’autres remixers, il s’empare du morceau pour en faire une ballade électronique, toute de samples et de boucles vêtue. On y retrouve la douceur de l’original, juste habillé dans des habits différents.

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